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L'église de Mézières, construite par
Fernand Dumas, fut inaugurée le 1er août 1939. Non seulement
l'église comporte un ensemble de vitraux exécutés selon des techniques
diverses, mais le maître d'oeuvre a prévu l'emploi quasi exclusif du verre
pour l'agencement intérieur : autels, table de communion, chaire, lustre; et
ces éléments du mobilier liturgique ont été réalisés à l'atelier Labouret, à
Paris.
Labouret est, avec les verriers Decorchemont et Gaudin, l'inventeur de la
dalle de verre (1928) et c'est Alexandre Cingria qui fit, en Suisse, la
première application de ce nouveau procédé technique, à Sorens, puis à
Orsonnens.
Le choeur de l'église est orné d'une
vaste composition d'Emilio Beretta qui couvre le mur entier du chevet plat.
Il s'agit d'une peinture sous-verre, la plus grande qu'il y ait au monde,
paraît-il. Elle met en scène la délivrance de l'apôtre saint Pierre par un
ange qui le fait sortir de la prison où on l'avait enfermé. Le même procédé
du sous-verre a été utilisée par Beretta pour le chemin de croix.
Quant aux vitraux, ils ont été conçu par
Yoki (alias Emile Aebischer) et réalisés en collaboration avec le verrier
Michel Eltschinger.
Ils sont de deux sortes : la rose de la
tribune (1969) est en dalle de verre, avec des joints de ciment armé, tandis
que les vitraux de la nef sont à résille de plomb, de largeur variable
(1979). La rose de la façade occidentale, baie circulaire de moyenne
dimension, percée au-dessus de la tribune de l'orgue, est garnie d'un
vitrail bien intégré à l'architecture, où flamboient les sonorités jaunes,
orangées et rouges qui lui confèrent une forte densité. La lumière qui le
traverse éclaire la nef entière et pénètre jusqu'au maître-autel où, par
instant, elle entoure le tabernacle d'une auréole resplendissante et fugace.
Chacun des côtés de la nef est troué de
dix-sept fenêtres étroites et allongées qui forment ensembles un grand
vitrage architecturé, auxquelles ils faut ajouter les quatre baies de la
tribune. Dans cette église riche en éléments figuratifs, l'artiste a choisi
pour ses vitraux le genre abstrait, destiné à créer une ambiance favorable à
la méditation et à la prière. |
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