| |
|
|
|
|
|
|
|
|
Notre-Dame de l'Epine est un lieu sacré,
où, depuis le Moyen Age, les pèlerins viennent implorer la Vierge Marie,
pour qu'elle les protège et guérisse leurs yeux malades.
Le vieux sanctuaire qui abrite la Madone
miraculeuse repose sur les fondations d'un édifice roman; il fut reconstruit
au XIVème siècles et subit par la suite plusieurs
transformations. Il n'a acquit sa silhouette définitive qu'au XVIIème
siècle par l'adjonction d'un clocher; la voûte nervurée qui couvre le choeur
date de 1661 et le décor de feuillages et d'angelots qui anime la voûte en
berceau de la nef, remonte à 1737.
Une restauration de l'édifice a été
effectuée de 1973 à 1980; le point final consista dans la pose de vitraux
neufs dus à Jean Bazaine (verrier Michel Eltschinger), l'un des peintres les
plus illustres de notre temps.
Dans sa démarche créatrice, l'artiste
s'est inspiré d'un thème riche en correspondance, suggéré par le vocable
Notre-Dame de l'Epine, soit la Vierge Marie et le buisson épineux, dans
lequel la tradition affirme qu'elle apparut jadis.
Les quatre fenêtres de la nef symbolisent
les mystères du Rosaire et le fruit de leur méditation, et sur eux se
superposent le symbolisme des temps liturgiques et celui des saisons : les
saisons de l'année solaire, les saisons du coeur et les saisons de la vie;
car la vie se déroule suivant un rythme mystérieux, que les poètes et les
penseurs ont souvent comparé au cycle annuel des quatre saisons.
Dans le cas de Berlens, il ne s'agit donc
pas d'un jeu de fantaisie de formes et de contour, d'une abstraction
purement décoratives. A travers la diversité des formes et des couleurs,
c'est une pensée religieuse qui jaillit. Pour Jean Balzaine, "le vitrail est
un fragment de mur coloré, destiné à créer un nouvel espace et à susciter un
certain climat spirituel". Les vitraux s'intègrent à l'ensemble et
s'adaptent aux données existantes, même si elles représentent des
contraintes, comme le maintien des grilles de protection. Quant à la coupe
des verres, elle est très fine; chaque vitrail juxtapose environ 450 pièces
de verre, taillées en pointe pour imiter les feuilles du buisson d'épines.
Par contre, l'artiste a volontairement
limité sa palette à cinq ou six tons fondamentaux : le jaune, le rose à
l'or, le rouge, le bleu et le violet; il en résulte que chaque vitrail revêt
une physionomie très marquées, où la couleur dominante s'exprime avec force.
Cette économie de moyens accentue la somptuosité du coloris et rend plus
intelligible la pensée religieuse qui s'y trouve exprimée.
L'oratoire de Saint-Joseph attenant au
vieux sanctuaire, a bénéficié, en 1987, de l'apport de trois petits vitraux
créés par Jean le Moal. Ces vitraux très différents de ceux de l'église, par
leur dessin et par leur coloris, s'accordent parfaitement avec eux, grâce à
la mise en oeuvre d'un esprit et d'une technique similaire. |
|
|